Ruffe condamné à 25 ans de prison

Le ministère public avait requis une peine à la hauteur du crime commis : 30 ans de prison ferme pour avoir poignardé 46 fois sa compagne, Marie-Josée Erassin. Pour autant, après deux heures de délibérations, le jury populaire a condamné Joël Ruffe à une peine de 25 ans de réclusion criminelle avec 3 ans de suivi socio-judiciaire. 

« Popo ( surnom de Joël Ruffe) est méchant avec nous. Ce n’est plus l’amoureux de maman, il a tué maman! Maman criait, je me suis levée y’avait beaucoup de sang par terre et dehors aussi. Et même sur la barrière! j’ai vu maman, couchée ds le salon. Elle avait un couteau là (elle montre son thorax). Popo s’est échappé, il courrait vite. Y’avait un sabre par terre, c’est celui de Popo. Je ne l’ai pas vu tuer maman.» Voici la déclaration poignante de la fille de la victime! Âgée de 6 ans au moment des faits, elle avait retrouvé, le 9 mai 2014, le corps sans vie, de sa mère Marie-Josée Erassin, une jeune Haïtienne de 24 ans. 

De ce crime passionnel de Capesterre-Belle-Eau, il ne reste au final qu'un enchaînement de situations plus accablantes les unes que les autres! 2 enfants en bas âge marqués à vie, une famille meurtrie par l'absence de celle qu'on appelait affectueusement « Ti Jo », un homme comparé à un monstre sanguinaire « Un mamba noir » qui en réalité possède « Un mal être et un mal vivre profond envers les femmes», un multi-récidiviste qui « Aime trop » et qui a du mal à quitter l'élue de son coeur. Quel avenir pour Joël Ruffe? 

« UN ACCUSE QUI MERITE D'ÊTRE SOIGNE ET SUIVI PENDANT TRES LONGTEMPS » 

L'avocat général Eric Ravenet requérait une peine de 30 ans de prison assortie d'un suivi pour « un accusé qui mérité d'être soigné et suivi pendant très longtemps pour éviter qu'il ne récidive». Des réquisitions qui ont abondé dans le sens de la plaidoirie des parties civiles au cours de laquelle Me Jenny Morvan a beaucoup insisté sur le nombre important de 4 femmes tuées cette année là, en Guadeloupe, par leur conjoint. « A 24 ans, elle avait le droit de changer de cap, de vivre autrement. Plutôt que de rester avec un bourreau». 

Du côté de la défense, on a estimé, au cours de 2 plaidoiries, elles aussi remplies d'émotion, tant du côté de Me Sarah Aristide que du bâtonnier Roland Ezelin, " Ce n'était pas la longueur et la durée de la peine qui allaient réduire le nombre de violences faites aux femmes en Guadeloupe. Faire de Joël Ruffe un exemple n'est pas la solution. » 

En condamnant Joël Ruffe à une peine de 25 années de prison avec 3 ans de suivi socio-judiciaire, la cour a statué en insistant bien sur le suivi médical qui, s'il n'est pas respecté, sera augmenté de 5 années supplémentaires. 

 

( Guadeloupe Justice avec Pierre Emmanuel ) 

 

 

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