Tirs sur 3 gendarmes : Où en est-on?

Au terme de ces 2 jours de débats, il semble que 2 lectures des faits se confrontent inévitablement. En effet, l'expertise balistique et les causes médico-légales ne sont pas parvenues à convaincre,  les avocats de la défense, de l'implication réelle de Miky Ding La ( de son vrai nom Mike Adequilon) et de son comparse Mandy Castelneau, dans l'agression de 3 gendarmes à Sainte-Rose. 

Accusés de « Tentative d'assassinat sur dépositaire de l'ordre publique» et de « Tentative de meurtre » sur des civils, Miky Ding La ( de son vrai nom Mike Adequilon) et Mandy Castelneau comparaissent depuis hier après-midi au tribunal de Basse-Terre. Après avoir dressé la personnalité des deux suspects, la cour s'est retrouvée ce matin, plongée en plein coeur des faits survenus le 27 novembre 2013, dans une cité de Viard ( Sainte-Rose). 

Et, une chose est sûre, il n'était pas toujours évident de trancher entre la partie civile et la défense, compte tenu de la complexité des faits. Il faut dire que ce jour là, la nuit venait tout juste de tomber!  Sans compter que l'agitation provoquée par les tirs et les blessures des gendarmes a totalement déconcerté les forces de l'ordre. Sans oublier également, que le ou les tireurs n'ont pas été clairement identifiés. Et, pour couronner le tout, il n'y a pas d'arme du crime, hormis des douilles trouvées au sol! 

QUE PROUVE L'ENQUÊTE? 

Néanmoins, l'expertise balistique est claire! Le tireur se trouvait à une distance d'une dizaine de mètres et  2 armes ont été utilisées, une de calibre 12, l'autre de calibre 16. « Des douilles d'armes de chasse que l'on trouve facilement en Guadeloupe» Témoigne l'expert. Vu la distance des tirs, d'après l'enquête Me Alain Rothe, l'avocat de la défense s'interroge « A cette distance, ces tirs pourraient-il tuer?» 

L'expert qui répond par l'affirmative rajoute « J'ai formellement reconnu Castelneau que l'on surnomme Archi. Il était connu de nos services. Il était très excité ce soir là et nous insultait. Il était menaçant. Tout était propice à un guet-apens.» Les 3 gendarmes ont été respectivement blessés de 31 impacts de plombs avec ITT de 45 jours, 11 impacts avec un arrêt de 10 jours et 110 plaies entraînants 15 jours d'arrêt. 

Il est à noter que les gendarmes n'ont pas vu Castelneau détenant une arme. Les ADN des suspects ne figuraient pas non plus dans les prélèvements des cartouches. Mais, selon les forces de l'ordre, Mandy Castelneau avait capté leur attention, sachant que le tireur était embusqué derrière eux. Toujours selon les déclarations, Castelneau leur aurait jeté des projectiles. Quant à Miky Ding La, c'est le témoignage d'une des victimes civiles qui l'incriminait. Mais, coup de théâtre les témoins sont revenus tour à tour sur leurs déclarations devant la cour d'Assises de Basse-Terre. Comment démêler le vrai du faux? Les jurés auront la lourde tâche de trancher, ce mercredi. 

« CE DOSSIER EST UNE GRANDE CONFUSION » 

A l'issue de ce deuxième jour d'audience, la défense campe sur ses positions et prône l'innocence de ses deux clients. Me Gladys Démocrite l'avocate de Mandy Castelneau déclare « Ce dossier est une grande confusion. L'expertise balistique nous explique qu'il y a deux armes et nous ne savons pas très bien qui a tiré sur les gendarmes. L'expertise médico-légale nous indique qu'aucun des tirs n'aurait pu tuer un gendarme. On attend la suite des débats mais au fur et à mesure s'effondrera la thèse des enquêteurs.» 

Le verdict de ce procès est attendu demain dans la journée. 

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