Un boucher des Abymes condamné à 13 ans ferme

Les jurés de la cour d'assises de Basse-Terre ont répondu "oui" à toutes les questions concernant Frantz Kamel.Notamment à celles portant sur la volonté de tuer et de la préméditation.
Ils ont ainsi reconnu et confirmé la qualification criminelle de l'assassinat et condamné l'accusé à la peine de 13 années de réclusion criminelle.Une peine, cependant, inférieure aux réquisitions de l'avocat général qui avait réclamé 15 ans.


Des deux côtés de la barre on semblait se satisfaire de ce verdict qui paraît équilibré selon les termes mêmes tant des parties civiles que de la défense.
Frantz Kamel est reconnu responsable et coupable de tous les faits qui lui sont reprochés.
Et par ailleurs, il écope d'une peine qui ne le détruit pas et lui offre une seconde chance pour se réinsérer à sa sortie de prison qui devrait aboutir d'ici 3 à 4 ans, si son comportement en détention est susceptible de bénéficier d'une remise de peine. L'accusé ayant déjà purgé près de 3 années derrière les barreaux.
L'homme présente, en effet, une personnalité et un profil qui l'autorise à espérer pouvoir repartir et se reconstruire.
Une profession de boucher, une vie de couple stable, des avis favorables qui ont pesé dans la balance du délibéré et qui se sont traduits par une peine qui l'a éloigné de la perpétuité, qui était la peine maximale encourue.
Il reste qu'il devra canaliser son goût pour la fête et maîtriser son addiction à l'alcool qui ont failli le perdre définitivement.

Il portait régulièrement une arme chargée

A entendre tous les témoins de moralité, dont 2 officiers de police, et plusieurs professionnels de la viande et de la pêche, qui ont défilé à la barre, lundi après-midi, Frantz Kamel n'aurait jamais dû se retrouver dans une telle situation.

L'homme de 40 ans, est boucher de profession depuis 2007. Il vivait avant les faits depuis 12 ans avec sa compagne.

Connu comme un vaillant travailleur, il a contre lui une tendance à consommer, par moment, excessivement de l'alcool au point de ne plus être le même homme lorsqu'il boit trop.

Le jour des faits, il sortait d'un déjeuner-champêtre où il s'était laissé aller à consommer du champagne au point de se retrouver en état d'ébriété.

Un état aggravé par le port d'une arme à feu, de calibre 6,35mm. Une arme chargée qu'il portait régulièrement avec laquelle il sortait lorsqu'il se rendait à certaines manifestations et notamment lorsqu'il devait aller chercher et raccompagner sa compagne chez elle, celle ci habitant un quartier réputé difficile.

Le 17 mai 2015, à Vieux-Bourg Abymes, il a d'abord eu un accrochage avec son véhicule et un jeune à scooter du quartier puis le ton est monté.

Frantz Kamel qui était déjà parti des lieux est revenu, a sorti son arme et fait feu à courte distance sur celui avec lequel il venait de s'affronter. Une victime qui lui donnait, pourtant, le dos et ne semblait pas représenter le moindre danger.

La victime a été atteinte en pleine nuque. Un seul coup de feu. Le coup de trop. Un coup fatal.

 

( Pierre Emmanuel pour Guadeloupe Justice)

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