Meurtre de Dagonia : dans l'attente du verdict...

Devant la Cour d'Assises d'Appel, si l'heure était aux plaidoiries des Parties Civiles, hier après-midi, ce matin, place aux réquisitions de l'avocat général puis à la plaidoirie de la défense avant le délibéré que suivra le verdict.
Hier matin, le co-accusé, à 15 années de réclusion criminelle, en première instance, Christophe Lutin, qui n'a pas fait appel du verdict, est venu témoigner. Dans l' après-midi, on a, aussi, entendu, Joyni Colin,  celui qui est dans le box depuis mercredi.

Quitte ou double ?

Joyni Colin joue aujourd'hui son va tout; çà passe ou çà casse ! C'est tout ou rien.
Il est reconnu coupable et il écope d'une lourde peine. Il ne l'est pas et il est acquitté.
Il n'y a pas de demi mesure dans ce dossier. Un dossier que l'accusation trouve chargé. Au contraire de la défense qui le trouve vide.Deux thèses s'opposent.
Celle du Ministère Public qui se base sur la confirmation des aveux des deux autres co-accusés qui affirment que c'est bien Joyni Colin qui aurait tué Ludovic Dagonia le 26 avril 2008 au Lamentin et qui  aurait été un des auteurs des trois braquages de véhicules opérés les 6, 12 et 16 avril de la même année.
Et celle de la Défense qui conteste cette version en insistant sur le fait qu'il n'y aurait aucune preuve matérielle, ni physique pour étayer ces accusations basées sur des rumeurs et des soupçons.
Quelle sera la lecture de ce dossier par un jury composé de 9 jurés populaires et 3 magistrats professionnels ?
Qui vont-ils croire ? Ils sont face à un dilemme : ils doivent, en effet, trancher entre renvoyer un innocent en prison ou conserver un coupable en liberté.
La vérité est à ce prix aujourd'hui.
Ce matin, les réquisitions de l'avocat général, Albert Cantinol ne pourront qu'être fortes. Ne serait-ce que pour rester logique avec lui-même et la condamnation prononcée en première instance puisque c'est déjà lui qui avait requis lors du premier procès en novembre 2015 pour emmener le jury à condamner Joyni Colin à la peine de 18 années de réclusion criminelle.
La défense, représentée par maître Gladys Democrite, qui aura le dernier mot, plaidera, elle, l'acquittement. Comme précédemment, avec l'espoir, cette fois, d'être entendue et suivie.
Puis ce sera à l'intime conviction de se prononcer. Un véritable cas de conscience.

 

( Pierre Emmanuel pour Guadeloupe Justice)

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