Procès Delorme : L'accusé s'exprime

C'est aujourd'hui, probablement en fin de journée, que Kévin Delorme sera fixé sur sa sentance. L'homme qui comparaît depuis hier, devant les assises de Basse-Terre est accusé du meurtre de Jaël Judith.

Au 2e jour du procès de Kévin Delorme, on est vraiment entré dans le vif du sujet avec l'évocation des faits.L'accusé est emmené à s'expliquer sur les raisons qui l'ont motivé à faire feu à 4 reprises sur Jaël Judith.
Il revient sur sa vie, son enfance, son quotidien, ses problèmes de comportements qui l'ont conduit à être traduit plusieurs fois devant le tribunal correctionnel et à connaître la prison.
Une vie qu'il avait repris en mains après ses déboires judiciaires et qui se résumait à travailler dans une salle de sport, opérer dans son atelier de tatouage, se déplacer à vélo et promener ses chiens...Jusqu'à ce 21 mars 2015...

Une matinée éprouvante

Kévin Delorme s'exprime. Avec ses mots. Avec son ton. Et à son rythme. Un rythme régulier. Un ton calme. Des mots simples.
Au point de se demander comment ce garçon de 32 ans qui semble si apaisé et si reposé a fait pour arriver à tirer à 4 reprises sur un jeune homme de 23 ans !
Que cache cette sérénité ? Kévin Delorme a t-il deux visages ?
Jusque là, la majorité des témoignages lui ont été favorables. Mais son casier judiciaire et les faits ne plaident pas pour lui. Ils lui sont même très défavorables.
L'exemple du témoignage, ce midi, de son ex petite amie avec laquelle il a vécu 5 à 6 ans est en ce sens criant. Une petite amie qui a été ensuite celle de Jaël, la victime, pendant 2 ans et avec lequel il n'était plus lorsque celui ci a été tué par Kévin; ce qui ne l'a pas, pour autant, empêchée de se constituer partie civile, ce qui a choqué plus d'un dans une salle d'audience bien remplie qui suit ce procès avec beaucoup de maîtrise, à la dimension de la gravité et de la tristesse des faits.
Elle a décrit l'accusé comme étant violent, possessif et jaloux. Une violence, répété et régulière a t-elle précisée, qui l'a emmenée à le quitter. Ce que, apparemment Kévin Delorme aurait mal vécu.
Ce témoin est important puisqu' elle s'est retrouvée au milieu des deux garçons; et bien qu'elle ait cherchée, comme elle l'a dit, je cite" de "servir de tampon", les relations entre Kévin et Jaël se sont dégradées et leur contentieux a conduit à ce que l'un comme l'autre se détestent.
Cet après-midi, avant les réquisitions et plaidoiries, on entendra les parties civiles. Les parents de la victime. Leurs témoignages seront probablement tout aussi durs que ceux évoqués jusque là.
Puis après avoir entendu, ce matin, sur sa personnalité, on va entendre l'accusé sur les faits. Un moment qui sera douloureux Pour lui, mais pour, aussi, les parties civiles parce que le souvenir de la victime remontera à la surface.

 

( Pierre Emmanuel pour Guadeloupe Justice )

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