Soanes, considéré violent et dangereux

On est entré dans le vif du sujet, hier après-midi, devant la cour d'assises de Basse-Terre, dans le procès de Jonathan Soanes, poursuivi pour tentative d'assassinat.
Devant l'énoncé des faits, l'accusé a répondu à de nombreuses questions notamment sur son comportement jugé violent et principalement sur les deux coups de feu tirés le 7 juin 2015 à Marquisat Capesterre Belle-Eau sur David Benjamin qui se déplace désormais en fauteuil roulant.

Jonathan Soanes se reconnait un comportement violent et dangereux; mais il l'explique par sa volonté de se défendre face à des agressions dont il se dit victime mais pour lesquelles il n'apporte aucune preuve et que rien n'apparaît en ce sens dans son dossier.
Ce qui, par contre, est évident parce que démontré et condamné, ce sont les agressions armées et répétées d'un accusé qui s'en prend à tous ceux qui veulent lui faire comprendre qu'il y a des règles à respecter et que l'on doit être discipliné et respectueux, surtout lorsque l'on est détenu.
Plusieurs rapports l'enfonce : insultes, violences, agressions, port d'un pic artisanal en prison.
Le jour des faits, il reconnaît avoir fait feu sur un homme désarmé mais qui le regardait d'une manière qui ne lui convenait pas et qu'il a estimé dangereux.
Il a craint d'être agressé et se sentant menacé il est allé chercher chez lui son fusil, soit à un kilomètre des lieux du drame qu'il reconnait avoir pris plus de 20 minutes pour parcourir et revenir faire feu à deux reprises sur la victime, dont un 2e tir alors que celle ci était au sol, déjà blessée par le 1er coup de feu.
Jonathan Soanes évoque les faits simplement et normalement mais avec une froideur qui dénote une certaine détermination dans les actes qu'il a commis.
A la question des avocats des parties civiles de savoir s'il n'avait pas pensé, tout le long de son trajet, à autre chose que de tirer sur David Benjamin; il répond "oui" mais qu'il n'avait pas d'autre choix que de faire ce qu'il a fait.
A une autre question de l'avocat général de savoir s'il s'est senti soulagé après les coups de feu, sans hésiter, il répond, là aussi "oui"... mais il ajoute qu'il voulait blesser la victime pas la rendre handicapée à vie.

Un manque d'humilité chez l'accusé

Difficile de faire preuve d'humilité lorsque l'on possède un orgueil débordant.
Jonathan Soanes n'a pas su trouver les mots ni le ton qui auraient pu atténuer sa culpabilité.Il n'a pas su probablement parce qu'il ne peut pas et parce qu'il ne sait pas, non plus.
En réalité, sa solitude l'a perdu au point de l'enfoncer dans une certitude qu'il est le seul à croire.
Jonathan Soanes a paru, hier, déterminé et rongé par l'orgueil, impulsé par une obligation de se défendre par le seul moyen qu'il connaît : la violence armée.
Une violence qui le suit comme elle lui colle à la peau. Même en prison.
On s'est retrouvé, au travers des récits exposés, face à un garçon miné par le désir de s'imposer par la force.
Tant pis si cette force armée plombe définitivement la vie d'un jeune désormais paralysée des deux jambes et condamné à vivre dans un fauteuil roulant pour se déplacer.
Un drame humain pour une banalité de scooter en panne qui nous rappelle le procès précédent où là encore l'accusé avait fait feu à 4 reprises pour atteindre 3 fois sa victime et l'amputer d'une jambe, dans un conflit où elle n'était pas impliquée.
Les jurés de la cour d'assises ne peuvent pas rester insensibles et indifférents face à de telles tragédies qui ne trouveront même pas une consolation dans un quantum de peine élevé.
Situation traumatisante qui fait courir le risque de se retrouver face à 3 femmes et 3 hommes pour lesquels la sensibilité pourrait être ébranlée.

 

( Pierre Emmanuel pour Guadeloupe Justice )

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