Quel sera le sort de Ken Birmingham?

Un homme a dominé les débats hier lors de la 1ère journée d'audience du procès de Ken Birmingham : la victime, Kenny Luamba.

Trouver les mots justes pour pardonner et faire preuve de sagesse et d'humilité à 21 ans lorsque l'on a été victime de 3 coups de feu qui vous ont arraché votre jambe, n'est pas donné à tout le monde.
Hier, Kenny Luamba a éclairé la salle d'audience de la cour d'assises de Basse-Terre par sa lucidité et sa force de caractère.
Il a su faire taire la rage qui le rongeait et la haine qui l'animait pour accepter la triste réalité qu'il ne sera plus jamais comme avant.
Mais à défaut de pouvoir marcher, courir, sauter, danser comme il aimait tant le faire, il va pouvoir, désormais, se regarder dans un miroir sans avoir honte de lui et il pourra marcher la tête haute et avec dignité.Un changement radical et profond qui l'éloigne dorénavant de la violence dans laquelle il pouvait baigner.


Il a perdu une jambe mais il a gagné en sagesse


Cette transformation positive, il la doit à sa mère. Hier, il l'a reconnu à plusieurs reprises, rendant hommage à cette femme d'origine dominicaise venue trouver du travail en Guadeloupe et élever ses 4 enfants.
Ce courage, la victime l'a probablement acquis auprès de cette femme modeste qui a du se battre pour se trouver une place et faire sa vie tout en protégeant celle des siens.
Un combat pour survivre dans un milieu gangréné par la violence alimentée par des bandes armées dangereusement qui n'hésitent pas à faire parler les balles plutôt que les mots.
Les mots, la mère de Kenny Luamba a su les trouver pour éviter que son fils ne s'arme à son tour et fasse un carnage.
Si son fils peut aujourd'hui respirer l'air de la liberté, c'est grâce aux nombreux, incessants et précieux conseils qu'elle a pu lui donner et à l'écoute que celui ci en a fait.
Hier, à la barre, la victime n'a cessée de remercier cette femme qui s'est privée pour ses enfants mais qui est dotée d'un cœur rempli de vie.

Ken Birmingham sera fixé aujourd'hui sur le sort que lui réserve la cour d'assises.
Si jusque là il avait été condamné par le tribunal correctionnel, à 3 reprises, pour des délits mineurs sanctionnés par des amendes, aujourd'hui, les faits qui le traduisent depuis hier devant la cour d'assises sont beaucoup plus graves.

 

 

(Pierre Emmanuel pour Guadeloupe Justice)

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