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Meurtre à la cour Zamia : réquisitions

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Les réquisitions sont tombées, ce midi, dans le procès pour assassinat qui se tient devant la cour d'assises de Basse-Terre, depuis lundi.
L'avocat général a requis 22 à 25 ans, par défaut, à l'encontre de Jordan MARTIN, en fuite à la Dominique et 18 à 20 ans contre Yannick JOSEPH, son complice, assis dans le boxe.Contre le 3e accusé, Mikarel BRUNCHE, le frère d'adoption de la victime, le Ministère Public n'a pas requis de peine estimant que celui ci devait être poursuivi pour les faits commis la veille et non le lendemain. Le verdict est attendu dans l'après-midi.
La logique des réquisitions sera t-elle respectée cet après-midi lorsqu'il faudra rendre le verdict ?
A savoir : disculper Mikarel Brunche, le frère d'adoption de la victime, libre sous contrôle judiciaire depuis le 16 octobre 2015, mis en examen pour violence avec arme sans incapacité.Des faits qui lui sont reprochés le 31 janvier 2015 alors qu'il les a commis la veille, soit le 30 janvier 2015, à l'encontre de ceux-là même qui le lendemain allait exécuter Christopher Nestor.
Une erreur de procédure qui a fait dire à l'avocat général, ce matin, lors de ses réquisitions que Brunche ne pouvait pas être poursuivi pour des faits qu'il n'avait pas commis le jour qu'on les lui reprochait.
Sans le prononcer, implicitement, il semble évident que l'accusé dès lors ne peut qu'être acquitté. 
Il en est tout autrement pour Jordan Martin, le tireur présumé tant avec l'arme de poing qu'avec le fusil à canon scié, qui est en fuite à la Dominique et pour lequel le Ministère Public a requis 22 à 25 années de réclusion criminelle.
Pour son complice, Yanick Joseph, l'avocat général a également requis une lourde peine : 18 à 20 ans de réclusion.
Albert Cantinol a beaucoup insisté dans ses réquisitions sur la gravité des faits, l'acharnement des deux co-accusés et estimé qu'en aucune façon on ne pouvait parler de légitime-défense vu les circonstances dramatiques et effroyables dans lesquelles la victime avait été abattue.
Même s'il n'aurait pas tiré, laissant cette responsabilité à Martin, le seul fait que Joseph se soit rendu complice de tels actes, doit le conduire à assumer et à être tout aussi concerné par le meurtre de Christopher Nestor. Un meurtre appuyé d'une préméditation selon l'avocat général qui a rappelé que l'on se trouvait bien là dans un cas d'assassinat où les deux auteurs encourent la peine maximale de la réclusion criminelle à perpétuité.
 
( Pierre Emmanuel pour Guadeloupe Justice )