Alcool et armes, le cocktail meurtrier

Au terme de la première journée du procès des 3 jeunes poursuivis pour le meurtre de Willy Unimon, commis au petit matin du 6 juillet 2014, à Grand Camp Abymes, se dessine un peu mieux les circonstances qui ont conduit au drame.L'alcool pourrait être au cœur d'une dispute où la présence omniprésente des armes interpelle tout de même sur la dangerosité de leur port et de leur utilisation.
 
Pourquoi ne faudrait-il voir dans le port d'une arme qu'un hypothétique aspect protecteur et ne pas envisager la triste réalité de la dangerosité de sa présence ou de son port ?
Savoir que l'on dispose d'un fusil chargé dans sa voiture prêt à faire feu ou que l'on porte sur soi, en permanence, un couteau prêt à frapper doit-il accorder plus d'assurance et de confiance et rendre plus fort ?
N'est-ce pas après tout plus un aveu de faiblesse ?
Si les garçons qui sont aujourd'hui assis dans le box n'avaient pas à porté de main un fusil chargé ou ne portaient pas sur eux un couteau, le jour des faits, seraient-ils depuis 32 mois en prison pour Dinitry Auréla et 15 mois pour Anthony Gélasse et Luidjy Mékel ? Certainement pas.
Pourquoi n'ont-ils pas, alors, anticipé une telle éventualité pour préféré braver la loi ?
Aux questions de la Présidente et de l'avocat général de leur demander pourquoi ils se déplaçaient armés, ils ont répondu que "c'était pour se défendre au cas où ils seraient agressés"
D'où la question : toutes les personnes qui se sentent inquiètes pour leur sécurité vont-elles devoir se munir d'un fusil de chasse de calibre 12 ou d'un couteau ?
 
Une bagarre, de l'alcool et 5 blessures dont 2 mortelles 
 
Le jour des faits, Willy Unimon aurait été armé d'une bouteille. En état d'ébriété avancé (2,7 grammes d'alcool dans le sang) et sous l'emprise de consommation de produits stupéfiants, associé donc à une consommation de cannabis, il aurait eu le tort de vouloir utiliser cette bouteille.
Il se serait, alors, retrouvé face à un, puis plusieurs individus dont celui avec lequel il s'était affronté, d'abord en discothèque, puis dans cette fameuse soirée « bouyon » qui se déroulait à Grand Camp Abymes; adversaire qui est allé dans sa voiture récupérer un fusil chargé qu'il a ensuite utilisé contre la victime. Pour faire peur et blesser, mais pas pour  tuer, a précisé, Dinitry Auréla, le tireur.
Willy Unimon s'est retrouvé, également, face à Anthony Gélasse, qui alerté par la copine de Auréla serait venu au secours de ce dernier; pas pour lui prêter main forte, mais pour séparer les deux garçons qui s'affrontaient. 
Intervention que n'aurait pas, semble t-il, apprécié la victime qui se serait à ce moment là retourner face à Gélasse, qui se sentant menacé et en danger aurait d'abord éviter un coup de bouteille avant de sortir le couteau qu'il porte en permanence sur lui et esquisser un geste de défense.
Un geste de défense qui a aboutit à atteindre la victime.
L'auteur du coup de couteau affirme n'avoir donner qu'un coup. L'expert médecin légiste a décelé 5 blessures dont une ou deux mortelles !
Gélasse a t-il frappé une ou plusieurs fois ? A ce moment là, d'autres individus étaient entrés dans la bagarre, probablement eux-aussi armés, puisque d'autres coups de feu ont été entendu et il se pourrait que d'autres personnes porteuses, également, d'un couteau auraient, elles aussi, frappé la victime. C'est l'hypothèse que semblait hier après-midi vouloir développer le plus jeune des 3 accusés.
Cette hypothèse est-elle plausible ou n'est-elle qu'une simple imagination ?   
Luidjy Mékel, le 3e homme, lui, nie en bloc les faits d'accusation portées contre lui et notamment être l'auteur présumé de coups de feu tirés avec une arme de poing.  
Un bel imbroglio dans cette mélée où une certitude se dégage : Willy Unimon est mort et bien mort ce 6 juillet 2014. Il s'agit, maintenant, de déterminer, avec certitude, qui l'a tué ! 
 
( Pierre Emmanuel pour Guadeloupe Justice
 

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