Grogne des avocats : opération bâillons rouges

Comme annoncé, les avocats de la Guadeloupe ont mis à exécution leur mouvement de grève.Toutes les institutions judiciaires sont bloquées aujourd'hui.

Des avocats qui en signe de protestation se sont baillonnés d'un mouchoir rouge pour signifier leur colère et leur désapprobation en soutien de leur confrère, le bâtonnier Roland Ezelin.
Solidaires, les jeunes avocats qui représentent 1/3 de la profession étaient également bien représentés ce matin au palais de justice de Basse-Terre.

La cour d'assises n'a pas été épargnée, malgré les difficultés qu'un report entraine.
Un report qui n'était voulu ni par la cour, ni par le Ministère Public, ni surtout par les parties civiles qui ont fait le déplacement des Etats-Unis.
Mais la défense, solidaire avec le mouvement, a refusé de prendre l'affaire.

Combien de temps va durer la grève ? Quelles peuvent en être les conséquences ? Le barreau ne s'est pas fixé, pour l'instant, de limite.


Va t-on vers un consensus ou le mouvement des avocats va t-il se durcir ?

Ce matin, leur "coup de force" a eu des répercussions et le résultat de leur blocage est significatif. Aucune juridiction n'a pas pu fonctionner et aucune audience n'a pu se tenir.

Dans le calme, avec méthode et une organisation solidaire et équilibrée, les avocats, qui avaient tous gardé leur robe noire, portaient un baillon pour symboliser le silence qui avait été imposé à l'un d'entre eux.
Un comportement qu'ils ont traduit, je cite, comme "un diktat, une offense et une humiliation", fin de citation.
Les deux parties se sont tout de même rencontrées ce matin : Chefs de cour, le 1er Président de la Cour d'Appel, la Procureure Générale, magistrats, Bâtonnier, bureau de l'Ordre et délégation d'avocats.
Une séance de travail qui a duré une heure et qui s'est déroulée dans un climat apaisé, mais déterminé. De part et d'autre, au cours de laquelle chacun a prévalu de ses prérogatives, de ses contraintes et aussi de ses souhaits.
Du côté des chefs de cours, on souhaite que la sérénité et la sagesse l'emportent, eu égard aux obligations de services.
Du côté des avocats, trois options semblent incontournables :
La première : la mise en quarantaine de la présidente à l'origine de ce que certains admettent comme étant une maladresse, d'autres une erreur.
La seconde : le blocage complet de la 4e session de la cour d'assises, pour laquelle 2 procès ont déjà été renvoyé et 5 autres restent à être jugés jusqu'au 8 juin prochain.
La troisième : aucune désignation d'office.
Ce soir, 18H, à la Maison de l'avocat, à Pointe-à-Pitre, nouvelle assemblée générale extraordinaire des avocats de la Guadeloupe qui doit déterminer des actions à mener, de leur forme et de leur durée.
D'ici là, le mouvement de grève se poursuit.

( Pierre Emmanuel pour Guadeloupe Justice ) 

Laissez un commentaire

  1. Derniers articles
  2. Commentaires

La mamie violée obtient justice

Dans l'affaire du viol d'une femme de 74 ans, la j...

Viol d'une mamie : la victime témoigne

Un nouveau procès pour viol s'est ouvert hi...

Viol présumé d'une mamie de 74 ans... pa…

C'est une affaire très délicate qui ...

Une session bien garnie

  La 5e session de la cour d'assises de Bass...